Aurore : Expat’ pendant 3 ans a réalisé un rêve professionnel

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’interviewer Aurore, 25 ans, qui fût expatriée pendant 3 ans en Nouvelle-Zélande et qui depuis, est retournée en France. Coach sportif en France avant son départ, elle a pu aussi exercer son métier en Nouvelle-Zélande et en tirer un très grand profit. Voici l’histoire, d’une ascension atypique.

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# Les raisons qui t’ont amené à « partir » de France

D’abord, je suis née dans une famille de voyageurs, j’ai eu la chance de partir régulièrement à l’étranger : Egypte, Koweït, Tahiti, Canada avec ma famille et c’est ainsi que j’y ai pris goût.

Aussi, à 21 ans, je voyais une routine s’installer qui ne me convenait pas et de nature à aimer les challenges, j’ai vite compris que je ne voulais pas restée sur ce chemin-là.

Après avoir obtenu un an plus tôt mon diplôme de « Deust, métiers de la forme », j’avais pu acheter une voiture neuve, avais eu le temps de la rembourser, travaillais 25 heures par semaine ; j’avais donc une routine confortable mais pas stimulante.

Avant de me lancer dans cette aventure, j’étais partie à Hong Kong avec une amie, mais ce voyage ne s’était pas très bien passé. Je me suis alors rendue compte que j’avais besoin et envie de voyager. Bien qu’effrayée par le fait de partir seule, le projet était lancé : il fallait que je parte à l’étranger.

# Pourquoi avoir choisi la Nouvelle-Zélande ?

Initialement, je partais pour un voyage de 6 mois. Trois pays m’attiraient : les Etats-Unis (New York), l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Pour choisir, j’ai procédé simplement par élimination :

  • New York : j’y étais déjà allée et puis, je n’étais pas inspirée à l’idée de rester dans une si grande ville. Il y avait aussi la question du VISA, pour y séjourner, c’est facile mais pour y travailler c’est presque impossible d’obtenir un permis de travail.
  • Australie : je trouvais la destination trop commune, tout le monde y allait.
  • Nouvelle-Zélande : mon frère et ma meilleure amie me conseillaient d’y aller notamment parce qu’elle est le pays d’origine du groupe « LesMills* », une entreprise incontournable dans le milieu du fitness. En plus, la Nouvelle-Zélande s’apprêtait à accueillir la coupe du monde de Rugby et enfin c’était le bout du monde !

*LesMills est l’entreprise qui a crée les cours de remises en forme : Body Jam, Body Attack, Body Pump, Body Combat, Body Balance etc. …

 

# Les premier mois sur place

Je partais pour vivre « l’Expérience » du voyage et pour la financer, j’ai vendu ma voiture ce qui m’a permis d’entamer mon séjour confortablement.

Les quatre à cinq premiers mois, j’ai visité autant que possible le pays et j’ai rencontré beaucoup de français dans la même situation que moi. Professionnellement, je n’attendais rien, je n’espérais rien de ce voyage, je souhaitais juste sortir de ma zone de confort, apprendre l’anglais et vivre cette expérience. Je ne m’attendais pas à transformer ces 6 mois en un an, puis deux, puis trois…

# Mon boulot, une fois sur place

Après quelques mois sur places, ma cagnotte commençait à diminuer et alors que ce n’était pas vraiment prévu à la base, je me suis dit : « Pourquoi ne pas trouver un boulot ? Et pourquoi pas chez LesMills » (c’est un peu le rêve de tout les coachs de fitness).

J’ai donc postulé là-bas et j’ai eu la chance d’y trouver un boulot. Quelques temps après, ils m’ont aussi sponsorisé pour obtenir un permis de travail et ainsi, rester plus longtemps que l’année délivrée par le Working Holiday Visa.

 Au début, mon travail était celui de « Gym Instructor » : je devais donner des conseils aux utilisateurs dans les salles de cardio et musculation.

Honnêtement, je trouvais que c’était génial ; il m’a permis de rencontrer énormément de gens, apprendre l’anglais facilement et rapidement car je devais parler avec les clients.

 Lorsque j’ai commencé, je ne savais pas très bien parler Anglais, j’avais seulement les bases (un peu bancales). Disons que je comprenais vraiment bien mais pas assez pour être capable de faire de belles et parler à plus d’une personne à la fois devenait un calvaire!

Imaginez, on utilisait un talkie-walkie dans mon boulot… je vous passe les détails, c’était bien pire que parler au téléphone !

# Mon évolution professionnelle

 En parallèle de mon métier de Gym Instructor, j’ai commencé à enseigner un des concepts de cours LesMills, le Body Jam. Ces cours sont créés en NZ et j’ai eu la chance de travailler en « Team Teach » avec le chorégraphe ainsi que d’autres instructeurs vraiment haut placé dans l’entreprise.

J’ai évolué pallier par pallier, marches après marches pour enfin arriver au rêve ultime que tout professeurs de fitness peut avoir : présenter et enseigner dans l’une des vidéos LesMills.

 Avec du recul, je sais que c’est grâce à l’enseignement de ces cours collectifs que j’ai pu accepter et tolérer mon métier de Gym Instructor, qui ne m’intéressait déjà plus.

# Chaque avantage comporte son lot d’inconvénients

 C’était la première fois que je partais si loin et si longtemps de ma famille. Les premiers mois ont vraiment été géniaux, à tel point que je commençais à m’imaginer rester en NZ ou plutôt, je ne pensais plus rentrer en France.

D’après mois, ce qui me boostait, c’était l’adrénaline et le challenge que représentait le fait d’être seule, sans famille, avoir des responsabilités, des choix à faire, des doutes mais aussi le fait de découvrir des choses, se faire des nouveaux amis et sentir « le changement ».

Et puis, entre ma deuxième et ma troisième année d’expatriation, je suis rentrée en France et ça m’a un peu donné le mal du pays. Je me suis mise à réfléchir sur mon idée de rester en NZ. Bien que mon équilibre fût un peu ébranlé par ce séjour, mon malaise s’est vite estompé par les joies de mon évolution professionnelle.

 Mais voilà, après quelque temps, j’ai réalisé que la NZ, c’était loin et que mes parents me manquaient. J’ai réalisé que les « problèmes de la France», ceux qui nous dissuadent et ne nous donnent pas envie d’y rentrer n’étaient plus ceux que je voyais. Je ne voyais plus aue les « problèmes de la NZ », ceux que l’on a lorsqu’on vit à l’étranger.

Grâce à un ami, je me suis rendu compte que j’aimais la vie et la culture du pays mais pas suffisamment pour être heureuse et surtout m’y sentir comme chez moi.

 En tant qu’expatriée, j’ai pu voir les avantages et les inconvénients de vivre en France et surtout, maintenant que je suis revenue, je ne me dis plus : « Mais qu’est ce que je fais encore ici ? ». A l’étranger, c’est une question que l’on se pose souvent, c’est facile de le penser mais agir l’est beaucoup moins.

 En quittant la France et en sortant de ma zone de confort, je me suis dit que je ne le referais plus jamais. Et puis, à nouveau ici, je me suis faite des amis, un « train-train », j’ai retrouvé des habitudes et ça a vraiment été très difficile de changer tout ça encore une fois.

 # Bilan de ces trois ans d’expatriation

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 Ma plus grande difficulté a probablement été celui de trouver les « bonnes personnes », les vrais amis et par « vrais » amis, je veux parler de ceux qui peuvent te sortir des situations les plus difficiles. Or, ils se font rares, et c’est encore plus dur lorsque l’on ne partage pas la même culture ou éducation. Les Néo-Zélandais sont très ouverts, très accueillants et aimables, mais après quelques années et quelques désillusions, j’ai réalisé que c’était une gentillesse un peu superficielle. Au final, je n’arrivais plus à me rendre compte de quoi que ce soit.

 En revanche, ma plus grande réussite fut bien évidemment professionnelle. J’ai pu acquérir une expérience, un statut et une réputation dans le monde du fitness qui suscite l’envie de beaucoup de personnes.

 Après un retour difficile en France (car je ne passe pas une journée sans qu’une personne rencontrée en NZ ne me manque), j’ai pu faire le bilan de ces trois années. Je peux enfin dire que je ne ferais pas ma vie en Nouvelle-Zélande, que je n’y retournerai sans doute pas mais j’ai tout de même envie de continuer à voyager.

Pour moi, le voyage forme la jeunesse, et c’est maintenant qu’il faut le faire.

 Beaucoup de personnes partent pour fuir quelque chose ou parce qu’ils se posaient trop de questions. Je ne pense pas en faire partie mais l’une de mes citations préférées reste :

« Big changes in life are scary but you know what’s even scarier? Regret.”

Je trouve ça très représentatif car jamais tu ne pourras savoir de quoi tu es capable si tu restes dans ta zone de confort.

Je suis aussi quelqu’un de positif et je crois au destin et au karma.

Comme beaucoup après le retour, j’ai tendance à oublier les raisons qui m’ont amenées à rentrer et à me demander si j’ai eu raison de le faire. Puis très vite, je me souvent pourquoi et je sais que ce fut une expérience extraordinaire, que je conseille à tous le monde de vivre et je vais peut-être passée pour une mégère qui a tout-vu-tout-fait mais au final, vous me direz « t’avais raison » !

 Je pense que ce qui m’a permis de réussir, c’est le fait d’être partie sans grande ambitions, je n’attendais rien de ce voyage, je voulais juste sortir de ma routine. Je n’avais pas d’a priori et j’en suis repartie beaucoup plus grande à tout point de vue : mentalement, professionnellement, personnellement, sentimentalement,…

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