Deux ans d’expatriation en NZ: mon histoire, démarches et bilan

Après deux ans passés en Nouvelle-Zélande, j’ai eu la chance et continue de rencontrer beaucoup de personnes. Certaines étaient juste de passage, d’autres vivent ici, d’autres encore sont reparties. Bien souvent, les mêmes questions sont abordées: d’où viens-tu ? Que fais-tu ? COMMENT T-AS FAIT ? Et puis, lorsque je retourne en France, on me pose à nouveau les mêmes questions, sauf que souvent, on sait d’où je viens !

Voilà pourquoi j’ai pensé que raconter mon histoire pourrait constituer une bonne source d’informations pour tout un chacun qui souhaiterait vivre cette expérience. J’ai donc réfléchi à ce qu’habituellement je racontais et puis, j’ai réalisé qu’en fonction de mes interlocuteurs, mon discours pouvait être diamétralement opposé.

À ces personnes fraichement arrivée en NZ, souvent bourrées de craintes et de préjugés, j’adopte plutôt un ton de conquérante comme pour essayer de les motiver, de les coacher, enfin, tout simplement pour les aider et leur montrer que « tout est possible ».

Et puis, aux personnes restées en France, j’ai réalisé que, fière de mes aventures, je les invitais bien souvent à suivre le même chemin. Sauf que, bizarrement, je ressentais aussi parfois le besoin de me « défendre » de certaines idées reçues.

Voila pourquoi j’ai choisi de mettre en lumière les réalités d’une telle expérience avec le lot de joies et de difficultés qu’elle peut impliquer. Il y a aussi beaucoup d’autres façons et raisons de vivre une expatriation, c’est pourquoi j’ai pris la liberté d’interviewer d’autres expatriés en exposant leurs histoires.

partir

# Les raisons qui m’ont amené à « partir » de France.

Tout d’abord, c’était pour moi le moment idéal. Je venais de finir mes études et je n’avais absolument aucun engagement. Peut-être trop sérieuse, j’avais choisi de travailler directement après avoir été diplômée et avait eu la chance d’être embauchée en CDI. Sauf qu’en France, les périodes d’essai peuvent être longues… La mienne s’apprêtait à durer 6 mois et pendant ces 6 mois, j’ai eu le temps de rencontrer des gens qui eux-mêmes avaient déjà « voyagé ». J’écoutais leurs histoires et les trouvais intéressantes. Ca m’a donné envie, il ne fallait plus que je trouve du courage.

# Pourquoi avoir choisi la Nouvelle-Zélande ?

Une amie que j’admirais (et admire toujours) avait pris l’habitude de vadrouiller un peu partout. Cette fois-ci, elle avait choisi l’Amérique du Sud et je me suis dit que c’était peut-être l’occasion ou jamais. J’avais peur, mais j’y ai tout de même réfléchi. D’autre part, un ancien camarade de fac’ vivait depuis peu en NZ et avait trouvé un boulot en 2 mois dans notre domaine. J’ai littéralement fait la liste des « pour » et des « contre ». Je voulais apprendre l’anglais et je savais qu’en partant avec ma copine, j’aurais été un véritable boulet. En moins d’un mois, j’avais donc mis fin à ma période d’essai, fait ma demande de Working Holiday Visa.

# Les premières semaines sur place

Peu confiante et sans vraiment avoir une âme d’aventurière, j’avais décidé de me fixer des objectifs et des limites.

Je m’accordais 3 mois et/ou 3000euros pour trouver un job dans mon domaine.

J’ai rapidement entamé mes recherches afin de trouver un poste de « Data Analyst ». Mon anglais était vraiment déplorable, je ne comprenais absolument rien au téléphone. En général, j’essayais juste de comprendre le nom de la boite qui me contactait. Au bout de 3 semaines (donc très vite), j’ai réussi à décrocher un entretien grâce à des phrases toutes faites que j’avais appris par cœur.

Enfin, est venu le jour de l’entretien. En élève studieuse, j’avais appris un discours qui (en fait, maintenant je me le demande) tenait à peu près la route sauf qu’après une présentation il y a toujours des questions, et là : CATASTROPHE.

Un mois après mon arrivée, j’étais contrainte de quitter l’appartement de mon ami. Je n’avais pas de boulot, plus trop d’argent, je ne comprenais toujours rien à ce qu’on me disait mais PIRE, je n’avais rencontré personne.

Avec du recul, je sais maintenant que c’est à ce moment là que mon aventure a commencé.

# Les démarches pour trouver un boulot

Très vite, j’ai du revoir mes espérances à la baisse. Eh oui ! Je me suis mise à chercher un boulot de serveuse tout en gardant mes objectifs dans un coin de la tête. Je crois que j’ai parcouru absolument toutes les rues d’Auckland et déposer près d’une centaine de CV, et ça, toujours avec un anglais de m****. Je me souviens :

– “Hi, how are you? Are you looking for someone to work with you? »
– “WALKING? What do you mean by walking ? ” (oui, parce qu’apparemment, tel que je le disais, le mot portait à confusion !)
– “Hum, WORK like euhhh WORRRRRKING”
– « Oh I’m sorry, I don’t understand you»

En parallèle, je déposais des petites annonces pour donner des cours de Français et faire du baby-sitting. Bref. Au bout de deux mois, miracle : j’ai décroché un contrat à mi-temps dans un restaurant.

Je consacrais le reste de mon temps à chercher un boulot qui me permettrait de travailler dans des bureaux, sans nécessiter un anglais parfait comme «Office Assistance » ou « Data Entry Clerk ».

Enfin, après 3 mois, 5 jours, 3000 euros dépensés et un anglais tellement approximatif que je n’avais même pas compris ce qu’on me proposait, une boite de recrutement m’offrait un contrat de 6 mois en tant que « Billing Administrator ».

# Comment passée de « Pvtiste » à « Expatriée »

Obtenir ce poste fut un véritable tremplin. Après quelques mois et voyant la date d’expiration de mon VISA arriver à grand pas, il m’a semblé essentiel de tenter ma chance une dernière fois. Je ne voulais pas rentrer en France avec certes, des souvenirs pleins la tête mais aussi des regrets. J’ai eu de nouveaux entretiens sans succès, et à un mois de l’expiration de mon visa, alors que j’avais décidé d’abandonner, on m’a offert le poste que je souhaitais.

# Ce qui est plaisant à vivre en Nouvelle-Zélande ?

La mentalité néo-zélandaise: « No-stress »

Ce qu’ils ont et que nous autres Français n’avons pas, c’est cette agréable « work/life balance ». Ils travaillent 40 heures par semaine en commençant à 8h30 et en partant à 17h. Si à 17h30, tu es encore au boulot, c’est que t’as fini « tard » ! (Bon, j’exagère un peu mais pas tant que ça !)

Le travail et l’effort, facilement récompensés.

Après deux ans, je ne suis toujours pas bilingue mais j’ai suffisamment de recul pour voir que du moment qu’on se fait comprendre et qu’on fait comprendre qu’on comprend, ça passe ! (Make sense ?) Peu importe les fautes de grammaires et l’accent en carton (qu’ils trouvent sexy au passage), les règles sont simples : ils privilégieront d’abord un Kiwi puis quelqu’un avec une expérience lambda (fruit picking, woofing, etc.). Les Kiwis se font confiance et c’est pourquoi ils demandent des « références ». Ils veulent pouvoir parler à quelqu’un qui soit capable de dire un mot à propos de nous. Enfin, ils savent reconnaitre les compétences de quelqu’un et les récompensés en disant d’abord « Merci », en offrant une promotion et une augmentation.

# Qu’il y a-t-il de difficile lorsqu’on vit en Nouvelle-Zélande ?

La distance.

Je dis souvent que je vis dans une « Prison Doré ». C’est un pays magnifique, prospère et où il fait bon vivre mais voilà : on est loin de tout ! Sortir du pays peut vite devenir un casse-tête et vous coûter un bras ! Et puis, pour certains c’est plus facile, mais il y a aussi la distance avec la famille et les amis.

Difficile de prendre un billet d’avion vite-fait-bien-fait pour assister aux 80 ans de la Grand-Mère-qui-va-bientôt-s’envoler-en-février, MAIS AUSSI au mariage de sa meilleure copine en août et EN PLUS, pour Noel.

Compliqué aussi de faire comprendre à sa mère « qu’en-été, c’est-en-fait-l’hiver-pour-elle, qu’on-a-12-heures-de-décalage-donc-le-matin-pour-elle-c’est-le-soir-pour-nous-mais-que-le-soir-pour-elle-c’est-le-lendemain-matin-pour-nous-donc-on-fait-un-skype-a-8h» – « 8h pour nous ou pour vous ? » – « bah maman, on a 12 heures de décalage -_-‘, c’est 8h pour toutes les deux ! ». Et puis bon, faut savoir que les Kiwi, ils se sont mis à vendre des forfaits Internet Illimités que depuis Mai 2014, donc au niveau du haut-débit, ce n’est pas terrible ! Bref. Voila, au final les problèmes de communication et la distance font que quand tu vis un quelque chose de bien, tu le vis vraiment-super-bien mais quand tu vis quelque chose de moins bien, tu le vis vraiment-pas-bien.

Les VISAS.

AAH ! Parlons-en. La Nouvelle-Zélande applique une politique d’immigration choisie. Je ne pense pas dire qu’ils ne gardent que les meilleurs, je dirais plutôt qu’ils ne gardent que les plus motivés ! Tous le monde peut obtenir un VISA : les serveurs, les profs de sports, les « plus de 30 ans » aussi d’ailleurs. Bien sûr, certaines conditions facilitent les démarches : un métier dont ils ont besoin, un partenaire déjà résident, travailler dans une grande entreprise mais dans tous les cas, c’est tout de même une galère !

# Et c’est quoi la suite ?

…Quand je le saurais, je vous le dirais ! Promis.

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3 réponses à “Deux ans d’expatriation en NZ: mon histoire, démarches et bilan

  1. J’adore comment tu écris, j’espère que tu vas continuer 😉
    J’ai eu la chance de vivre avec toi à l’autre bout du monde et ça a aussi rendu mon voyage spécial, les rencontres sont les évènements qui marquent le plus la vie (et les voyages).

    J'aime

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